La CTI, comprendre son rôle et son habilitation

Publié le 25/04/2019

Les écoles d’ingénieurs mettent souvent en avant leur habilitation de la « CTI », la Commission des titres d’ingénieurs. Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ? Le point sur cet organisme indépendant, qui évalue les établissements depuis plus de 80 ans.

Son rôle premier : « évaluer toutes les formations d’ingénieur, développer leur qualité, promouvoir le titre et le métier d’ingénieurs en France et à l’étranger », d’après la Commission, pour expliquer sa mission. A travers cette évaluation, via un réseau d’experts, elle décide, ou non, d’habiliter les écoles à délivrer le titre d’ingénieur. Autrement dit : un établissement qui n’est pas régulièrement visité et approuvé par cette commission n’a pas le droit de se déclarer « école d’ingénieurs ».

« La CTI est un gage de qualité par rapport à la formation délivrée, tant dans son contenu que l’insertion à la suite du diplôme », estime Eric Savattero, qui a conduit le dossier pour l’EPF.

 

Que regarde la CTI dans une école ?

Pour renouveler son habilitation, dont la durée maximale est de cinq ans, l’école d’ingénieurs doit transmettre un dossier à la commission. Dans ce dossier figurent six chapitres bien définis, détaille Eric Savattero :

  • « Le projet de l’école : sa mission, son organisation, sa gouvernance et les moyens qui lui sont associés ;
  • La formation : la CTI étudie son contenu, son syllabus, les moyens mis en œuvre, la pédagogie, la culture internationale, la mobilité des élèves, les stages, l’ingénierie pédagogique, la vie étudiante… C’est un chapitre prioritaire ;
  • Le recrutement des élèves : quels bacs, en quelle année, comment ils sont accueillis, leur origine géographique, quels concours, la nature des épreuves… ;
  • L’insertion professionnelle : comment les étudiants trouvent un emploi, à quel niveau de salaire, en France ou à l’étranger, dans quels secteurs, ce que l’on fait à l’école pour les préparer… ;
  • La démarche qualité et amélioration continue ».

Pour son renouvellement d’habilitation, le dossier de l’EPF pesait 200 à 250 pages. Un gros travail pour les écoles ! Mais cela leur permet aussi de prendre du recul et de réfléchir en interne à leurs propres fonctionnements. A l’issue du rendu de ce rapport, des auditeurs de la commission se rendent dans chaque école, pendant plusieurs jours, afin d’approfondir et de vérifier que le dossier est conforme à la réalité. Soit l’assurance d’une qualité vérifiée par des experts : si son habilitation est renouvelée, l’école est jugée capable de bien former ses élèves et de les mener efficacement vers l’emploi.

 

Faut-il privilégier ce « label CTI » ?

Si l’on hésite entre deux écoles, faut-il privilégier un établissement reconnu par la CTI ? Pour Eric Savattero, cela ne fait aucun doute. « La CTI offre une véritable reconnaissance dans le monde professionnel. Disposer d’un diplôme national d’ingénieur n’a rien à voir en termes de valeur avec un certificat maison d’une école non reconnue. D’autre part, si l’élève souhaite poursuivre ses études jusqu’au doctorat, un certificat d’ingénierie d’une école non reconnue ne lui délivrera pas le grade de master et lui fermera donc les portes de la thèse », soutient-il. Les reconnaître est facile : les écoles validées par la CTI le précisent sur leurs sites et dans leurs plaquettes d’information. Si aucune mention n’en est faite, mieux vaut se méfier. Et, en cas de doute, vérifier directement sur le site de la CTI, qui est très complet.

Ce site a d’autres avantages : de nombreuses données sont publiques sur chaque école et donc disponibles facilement. Les salaires, la mobilité à l’étranger, la poursuite en thèse...tous ces chiffres sont donnés par les établissements et accessibles à tous dans la partie « accréditation » du site de la CTI.

 

ZOOM Sur le label EESPIG

 

C’est un label complètement différent et pas toujours connu du grand public. Créé par la loi Fioraso de 2013, cette qualification est accordée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : elle désigne les établissements d’enseignement supérieur privé d’intérêt général. Aujourd’hui, une soixantaine d’écoles (d’ingénieurs, mais pas que), dont l’EPF, disposent de ce label, qui met en avant les écoles privées à but non lucratif et reconnaît leur modèle. Et surtout, ce label certifie la qualité de l’enseignement et l’engagement des établissements à réinvestir leurs bénéfices (et donc les droits d’inscription payés par les familles) dans la gestion de l’école.