Maryse Barbance, enseignante à l'EPF et écrivain

Publié le 18/01/2018

De l'EPF... à la Littérature

Maryse Barbance est chargée du cours de "Culture du Canada" auprès des étudiants en formation Franco-québécoise de l’EPF depuis l’année 2000. En 1981, elle part pour le Québec avec l’intention d’y faire un doctorat en Sciences Humaines et enseigne pendant une douzaine d’années à l’Université de Montréal. Sa première passion étant l’écriture, Maryse Barbance complète un postdoctorat en Analyse de discours puis devient éditrice en maison d’édition pour se mettre quelques temps après à son compte.

Toxiques, son premier roman sorti en 2000 a reçu le prix Anne Hébert, prix canadien pour un premier roman en langue française.

"De 2002 à 2005, j’ai travaillé à la monographie historique sur l’EPF. Ce fut une aventure passionnante tant sur le plan de l’exploration des archives que sur celui des rencontres (premières femmes ingénieur-e-s diplômées de l’EPF, personnalités qui avaient façonné l’école), et sur le plan de l’écriture, différente de l’écriture de fiction".

La métaphore du Nénuphar

"J’écris pour dialoguer avec des lecteurs autour de sujets qui me semblent constituer le cœur de notre vie — les relations entre les êtres, le monde du travail, les âges de l’existence et ce qui les ponctue, l’amour et l’amitié, la maladie et la mort, le bonheur, la joie... Dans Nénuphar j’ai tenté de dire ce que vit une femme atteinte d’un cancer : ses peurs, ses réflexions, ses questions au fur et à mesure de l’évolution de la maladie et de sa relation avec le monde médical. Cela, avec le plus de légèreté possible afin de ne pas alourdir un sujet éprouvant en soi. Un sujet qui est également une question de société compte tenu du nombre de personnes touchées. Le propre de l’humain n’est-il pas de réfléchir, de mettre en mots, d’échanger, d’accompagner ?"

Nénuphar est également un roman d’évocations car Florence, le personnage principal, est entrée dans la dernière partie de sa vie. Cette maladie, qui la met hors champ, devient alors l’occasion d’un retour sur le passé, mais un retour ancré dans la vie et tourné vers l’avenir. Quant au titre "Nénuphar", l'auteure explique qu'il est à l’origine un hommage à L’Écume des jours de Boris Vian. Par la suite, elle réalise que cette plante, par son feuillage sous-marin prolifère, évoque l’aspect tentaculaire de la maladie, mais par sa fleur magnifique, le sein, symbole du maternel, de l’amour et du désir. "J’y vois à présent une image de la vie avec sa part d’ombre".

La transmission par l'enseignement     

Enseigner est une autre forme de dialogue selon Maryse Barbance : "Je suis particulièrement sensible à la relation professeur-étudiant car elle me semble fondatrice. Des enseignants m’ont marquée, sans doute par ce qu’ils m’ont transmis en termes de connaissances mais au moins autant par leur qualité humaine, leur présence, leur écoute...". Elle essaie de transmettre au mieux sa matière tout en se montrant disponible pour l'accompagnement des étudiants.