Des femmes scientifiques de l’EPF parmi les 72 noms sélectionnés pour orner la Tour Eiffel

Plus de 130 ans après l’inauguration de la Tour Eiffel, les noms de 72 femmes scientifiques pourraient bientôt être gravés au premier étage. Parmi ces figures majeures, se trouvent trois femmes qui ont marqué l’EPF : Marie-Louise Paris, Andrée Hoppilliard et Colette Kreder.
Image
Tour Eiffel femmes EPF

Elles étaient les grandes oubliées. Lors de la construction de la Tour Eiffel en 1889, les noms de 72 hommes scientifiques choisis par Gustave Eiffel ont été gravés en lettres d'or au premier étage. Aucune femme n’y figure. Pour réparer cette invisibilisation, l’association Femmes & Sciences a porté depuis quatre ans un projet symbolique nommé "Hypathie", nom de la première femme astronome de l’histoire. Inscrire les noms de 72 femmes scientifiques au premier étage, sur la frise de la Dame de Fer. Avec la Mairie de Paris et la société d’exploitation de la Tour Eiffel qui ont pris part à l’initiative, l’association a dressé une liste, dévoilée le lundi 26 janvier.

Des femmes scientifiques de l’EPF sur la liste

Parmi les noms retenus, on retrouve trois femmes qui ont marqué l’histoire de l’EPF. Marie-Louise Paris, notre fondatrice visionnaireColette Kreder, la directrice de l’école entre 1980 et 1994, et Andrée Hoppilliard, ingénieur aéronautique et alumni de la promotion 1935. Leurs parcours et leurs engagements ont contribué à transformer l’ingénierie et ouvrir les portes du métier aux femmes. 

Au départ, près de 200 noms ont été proposés avant d’en retenir 72 selon des critères de sélection. Ce chiffre est un miroir aux 72 noms d’hommes scientifiques inscrits sur la Tour Eiffel et correspond au nombre de loges disponibles au premier étage. Les noms de femmes scientifiques retenus illustrent des disciplines variées et couvrent plusieurs époques, de 1789 à nos jours. 

Les parcours de femmes pionnières 

Auprès des célèbres figures comme Marie Curie et Sophie Germain, on trouve ainsi Marie-Louise Paris qui a fondé en 1925 l’EPF, ex-École Polytechnique Féminine, l’une des premières Grandes Écoles en France à former des femmes au métier d'ingénieure. Une preuve d’audace à une époque où l’accès des femmes aux études supérieures suscitait le débat. Parmi la liste, Colette Kreder, ingénieure et directrice de l’EPF durant 14 ans, a contribué à l’ouverture internationale de l’école. Elle a également créé en 1991, la Fondation EPF, reconnue d’utilité publique. Quant à Andrée Hoppilliard, l’ingénieure aéronautique a contribué activement à l’essor de l’aviation française dans l’entre-deux-guerres. Elle a aussi été la première présidente de l’association des diplômées de l’EPF. 

Ce projet incarne une reconnaissance envers les femmes scientifiques en mettant en lumière leurs parcours et leur contribution dans les sciences. Au-delà de l’hommage, ce projet rend visibles ces femmes et montre des modèles pour les nouvelles générations. Inspirer et valoriser des trajectoires de femmes dans les sciences : un engagement nécessaire que l’EPF partage pleinement à travers ses actions pour féminiser l’ingénierie. Avant de voir leurs noms inscrits en lettres dorés, leurs familles et les académies doivent valider leur sélection avant une inauguration envisagée au premier trimestre 2027.