Travailler demain dans l’ingénierie avec l’IA : quels bouleversements en cours ?

Mis à jour le 06/05/2026
Les IA génératives (IAGen) marquent un point de bascule dans le rapport au travail. Alors qu’en sera-t-il pour les ingénieurs de demain ? Au-delà de la révolution technologique, ces outils transforment le cœur du travail : nos relations humaines, l’organisation ou encore le management. L’essai "Travailler avec les IA génératives Outil bureautique ou game-changer ? Enquête dans les métiers du conseil", co-écrit par Pierre Quesson, co-responsable de la majeure Digital Transformation and Supply Chain et Marie-Laure Cahier, responsable des publications de la Chaire FIT2, explore comment ces outils tendent à redéfinir le travail de professionnels hautement qualifiés.
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IA générative dans le travail - ingénieur EPF

Dans l’essai "Travailler avec les IA génératives Outil bureautique ou game-changer ? Enquête dans les métiers du conseil", réalisée dans le cadre de la Chaire FIT2, co-brandée par la Chaire Immersion Générative, au sein du Centre de Gestion Scientifique de Mines Paris - PSL, laboratoire avec lequel l’EPF partage une convention, la reconfiguration des métiers du tertiaire par le prisme de l’IA est observée.

Les étudiants-ingénieurs feront partie des futurs acteurs de cette transformation en cours. Leur compréhension des effets de ces outils et leur maîtrise de ces derniers apparaissent comme une nécessité pour mieux s’approprier et s’adapter à l’intégration de l’IA dans leur travail, mais aussi à l’échelle de l’organisation de l’entreprise. Dans un contexte où les activités intellectuelles et le travail en situation touchant l’ingénierie sont en mutation, la formation est vouée à prendre en compte les nouveaux usages de l’IA générative et ses effets dans le contexte professionnel.

Nouvelle hiérarchie des compétences : un enjeu pour la pédagogie

L’ouvrage labellisé par la FNEGE dans la catégorie "Essai", co-écrit par Pierre Quesson, co-responsable de la majeure Digital Transformation and Supply Chain et Marie-Laure Cahier, responsable des publications de la Chaire FIT2, apporte des éclairages s’appuyant sur une enquête de terrain pour identifier les différents usages, observer la transformation des processus et les effets ressentis face aux IA générative. D’un objectif de gain en productivité à une automatisation complète, les IA génératives modifient à la fois la perception d’une tâche, son intégration au sein d’une organisation mais aussi l’assimilation de compétences corrélées à la pratique. En parallèle avec l’appropriation de l’IA par les entreprises, la pédagogie prépare les étudiants à en comprendre les enjeux et arbitrer les usages. L’essor de l’IA provoque une nouvelle hiérarchie des compétences, et de ce fait l’attention portée à leur valorisation.

Selon les Français, l’intelligence artificielle sera le facteur qui aura le plus d’impact sur le monde du travail dans les cinq prochaines années, pour 22 % d’entre eux (AEF info, L’intelligence artificielle dans le monde du travail : des Français partagés mais majoritairement hostiles, juin 2023). Devant cette vague de l’IA générative, la formation occupe un rôle fondamental pour préparer les étudiants à ce nouvel environnement. Parmi les impacts notoires sur le niveau attendu à leur entrée dans le monde professionnel : la capacité à effectuer des missions auparavant attribuées à des profils plus qualifiés et les compétences réelles en l’absence de l’IA. Entre la montée ou la perte de compétences, le sujet suscite le débat, rapporte l’ouvrage. "La compé­­tence métier initiale serait une condition d’un usage efficient de l’IAGen", est-il souligné en constat d’une expérimentation sur le terrain.

Comprendre et anticiper les basculements sur le travail

En lien avec l’axe de recherche Industrie Innovante et Responsable de l’EPF, qui s’intéresse à la transition des organisations sociétales et industrielles, cette étude illustre la place à prendre pour les études supérieures afin d’accompagner les étudiants face à l’influence de l’IA générative qui restructure les situations de travail et soulève de nouvelles exigences. Cette phase d’apprentissage répond au besoin de former des profils capables d’intégrer l’usage de l’IA générative dans des environnements complexes. "Les points de vigilance portant sur le travail humain sont assez peu dépendants de la technologie elle-même, mais des intentions stratégiques et de la manière dont ces outils sont ou seront déployés par les organisations", souligne l’essai. Au cœur de la transformation des systèmes organisationnels, l’IA bouscule les paradigmes d’efficacité, la mobilisation des compétences, l’identité des métiers, la qualité du travail et le management. Autant d’aspects majeurs qui toucheront l’ingénierie et la stratégie des entreprises.

Les enseignements tirés à travers cet essai exposent un état des lieux des impacts et des points de vigilance qui entoure le travail et le contexte professionnel des futurs ingénieurs. En tant qu’acteur engagé pour accompagner les transitions, l’EPF et sa recherche se nourrissent de ces documentations pour influer sur la pédagogie et répondre à l'expansion des outils d'IA générative dans les métiers de l’ingénierie.