Ingénierie : Le parcours de Louis après un BUT
Tu as réalisé un BUT avant de rejoindre l’EPF. Pourquoi avoir décidé de poursuivre en école d’ingénieur ?
J’ai toujours voulu devenir ingénieur. En revanche, je ne souhaitais pas passer par une classe préparatoire, que je percevais comme très théorique. Le BUT a donc été un choix logique : il offre un accès à de nombreuses écoles d’ingénieurs, en alternance ou non, tout en permettant de construire un bagage technique. J’ai également eu l’opportunité d’effectuer un premier stage en entreprise dès la deuxième année.
J’aurais pu rejoindre une école après deux ans, mais j’ai préféré terminer les trois années afin d’obtenir le diplôme complet et surtout réaliser ma troisième année en alternance chez CNIM Systèmes Industriels (La Seyne-sur-Mer, 83), en métrologie, dans un contexte de haute précision. Cette expérience a été déterminante dans ma progression et a confirmé mon objectif de poursuivre en école d’ingénieur.
Passer d’un BUT à une école d’ingénieur
Comment ton parcours en BUT et ton cursus à l’EPF se sont-ils complétés ?
Le BUT m’a apporté une base technique solide et une première expérience concrète de l’ingénierie et de la gestion de projet, avec une forte proximité terrain. L’EPF vient compléter cette base en me permettant d’acquérir des compétences nouvelles, à la fois dans la continuité de mon parcours (approche ingénieur, méthodes, organisation) et sur des champs plus transverses.
Je développe notamment des compétences en management, en gestion, et dans la dimension systèmes d’information que j’avais peu abordée auparavant. Ce qui m’apporte un regard plus pluridisciplinaire. En parallèle, je continue à approfondir des sujets déjà rencontrés en BUT, mais avec une approche plus globale et orientée performance industrielle.
Travailler dans un environnement de chaîne de production
Tu réalises ton alternance chez Goodyear en tant qu’ingénieur process. Que recherches-tu à travers cette expérience ?
Je recherche d’abord une vraie immersion terrain, et l’opportunité de travailler avec des équipes pluridisciplinaires autour d’un même projet, ce qui correspond pleinement au rôle d’un ingénieur.
Goodyear me permet de découvrir une véritable chaîne de production, avec des volumes importants (plusieurs milliers de pneus par jour dans mon cas). Un aspect “ligne de production” que je n’avais pas encore eu l’occasion d’aborder jusqu’ici. Je souhaite ainsi multiplier les expériences sur des terrains variés afin de maximiser ma connaissance des environnements industriels.
Enfin, l’aspect humain est très présent chez Goodyear : une part importante de la fabrication nécessite l’intervention des opérateurs, ce qui me permet de travailler avec tous les niveaux de l’industrie, de l’opérateur à l’ingénieur.
Peux-tu expliquer ta fonction et tes missions ?
Ma mission consiste à faciliter et fiabiliser l’outil de production, afin d’améliorer la qualité des produits, le rythme de production et de limiter les rebuts. L’objectif est d’éviter des coûts de pertes importants et d’améliorer le rendement global de la chaîne de production.
Je travaille pour cela avec plusieurs acteurs : les chefs d’équipe, les opérateurs directement (notamment sur les méthodes de travail), mais aussi sur des aspects plus “process”, en faisant évoluer certaines méthodes de production ou certains points de la ligne. Ces actions se font en coordination avec les services périphériques tels que la maintenance, les chefs de secteur, et d’autres interlocuteurs selon les sujets.
Des compétences pour s’orienter vers le génie industriel
Quelles compétences développes-tu ?
Les compétences développées sont variées. Il y a d’abord une dimension humaine, avec du management et de la gestion de projet, ainsi qu’un travail quotidien en coordination avec différents métiers. J’y développe aussi de forts aspects techniques, liés aux modifications, à la fiabilisation et à la compréhension d’une ligne de production.
Je renforce également des compétences indispensables en sécurité, car cet aspect doit toujours être intégré aux actions menées sur un outil de production. Globalement, Goodyear me permet de développer un panel complet de compétences et de tirer le maximum de mon alternance dans le cadre de mon cursus d’ingénieur.
Pour quelles raisons conseillerais-tu à un étudiant de s’orienter vers le génie industriel ?
Je conseillerais le génie industriel à quelqu’un qui aime interagir avec tous les aspects de l’industrie : de la production et du technique “pur”, jusqu’aux dimensions humaines et au management. Ce qui me plaît particulièrement, c’est la variété des domaines et des secteurs sur lesquels on peut agir, ainsi que la possibilité de piloter des projets à une échelle plus large, au niveau de l’entreprise.