La Gestion Technique du Bâtiment (GTB) : un outil d’optimisation de l’énergie et de sensibilisation du public | EPF Ecole d'ingénieurs

La Gestion Technique du Bâtiment (GTB) : un outil d’optimisation de l’énergie et de sensibilisation du public

Publié le 16/12/2020

La Gestion Technique du Bâtiment (GTB) : un outil d’optimisation de l’énergie et de sensibilisation du public 

Par : Abdelatif Merabtine 

En quoi la GTB peut-elle apparaître comme une des pièces maitresses d’un processus participatif d’économie d’énergie ? Implémentée dans une boucle de démarche participative, la GTB pourrait contribuer, si elle est bien adaptée, au changement des modes de vie dans un bâtiment académique pour améliorer sa performance énergétique. Prenons à l’appui de notre démonstration le cas du bâtiment de l’EPF Troyes.  

 

Le bâtiment BBC de l’EPF de Troyes a été équipé par des capteurs solaires photovoltaïques, un puit canadien ainsi qu’un récupérateur des eaux pluviales. Il est chauffé par des radiateurs et un plancher chauffant qui se trouve au hall du rez-de-chaussée. L’eau chaude provient de la chaufferie biomasse gérée par SEM énergie filiale de DALKIA et alimentant plusieurs établissements voisins. Trois centrales de traitement d’air (CTA) régulées, desservant le rez-de-chaussée, l’amphithéâtre et les étages, assurent le renouvellement d’air dans le bâtiment. Des capteurs de température, de taux de CO2, des débitmètres ainsi que des détecteurs de présence et de lumière naturelle ont été également installés.  

 

Enfin, une GTB, alimentée par ces capteurs, a été mise en place afin d’assurer la supervision, depuis un portail web et en temps réel, de l’ensemble des installations qui équipe le bâtiment ainsi que la sauvegarde des données physiques que l’on peut exploiter pour des fins pédagogiques. La figure 3 illustre, à travers la GTB, la visualisation des températures intérieures ainsi que les taux de CO2 au niveau du 1er étage.   

 

Grâce à ces dispositifs, l’utilisateur peut constater, par exemple, le taux d’occupation des salles grâce au taux de CO2 (<400 ppm : inoccupée ; entre 400 ppm et 1000 ppm : occupée et > 1000 sur-occupée). Cela permettra ensuite de vérifier l’arrêt de fonctionnement des équipements au niveau des salles inoccupées et réguler les débits d’air au niveau des salles sur-occupées.  

 

La visualisation du fonctionnement des systèmes CVC (chauffage, ventilation, climatisation) est également possible. On peut par exemple distinguer les températures de départ et de retour de l’eau chaude au niveau du réseau hydraulique. Le renouvellement d’air assuré par les CTA se fait à une température de soufflage régulée en fonction de la température de consigne. L’apport de chaleur est assuré par la récupération de la chaleur sur l’air vicié et l’apport de fraîcheur est fourni par le puits canadien. 

 

En plus de la visualisation, la GTB rend possible l’exploitation des données physiques, ce qui procure la possibilité d’analyser et d’optimiser le fonctionnement des systèmes. Ces paramètres physiques concernent la température, le taux de CO2 et les débits.  

 

La GTB permet donc de réunir des données techniques concernant un bâtiment, elles mêmes indispensables à la compréhension des enjeux de maîtrise énergétique. Elle constitue donc un outil  a priori essentiel dans les échanges amenés à se développer entre, d’une part, un concepteur d’ouvrage et, d’autre part, les décideurs ou le public. Les données issues de la mise en œuvre d’une GTB doivent ainsi être considérées comme autant d’instruments susceptibles, de contribuer en amont de nouveaux projets, à la sensibilisation et à l’acculturation des acteurs aux enjeux environnementaux inhérents à la transition énergétique et écologique En phase de définition des projets, ces données apparaissent comme des éléments destinés à enrichir les réflexions menant à la définition de l’avant-projet sommaire puis de l’avant-projet détaillé. En phase de réalisation des projets puis de suivi de ces derniers, ces mêmes données, peuvent utilement enrichir les échanges destinés à renforcer l’efficience énergétique d’un bâtiment tout en faisant perdurer cette dernière dans le temps. 

 

Pour aller plus loin : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0360132318305638  

Contact : Abdelatif Merabtine (abdelatif.merabtine@epf.fr