Echange universitaire : L’expérience de Raphaël à l’Université Laval au Canada
Pourquoi as-tu choisi le Canada et l’Université Laval pour étudier l’ingénierie dans le cadre d’un échange universitaire ?
Durant notre 3ème année du diplôme d’ingénieurs généraliste, nous devons choisir une université d’accueil pour le premier semestre de la 4ème année. Comme j’avais envie de découvrir de nouvelles méthodes pédagogiques et des systèmes de diplômes étrangers, j’ai placé l’Université Laval, à Québec, en tête de mes vœux. Cet établissement de renommée internationale figure parmi les meilleures universités au monde dans plusieurs domaines, notamment en ingénierie.
Étant donné son statut d'université "VIP", très prisée par les étudiants internationaux et accessible uniquement si elle est placée en premier vœu, ce défi était particulièrement motivant. Lors de mes recherches pour le choix des cours, j'ai découvert qu’il y avait des enseignements sur la mécanique quantique, les sciences atomiques et nucléaires, ainsi que la relativité restreinte. Puisque je souhaitais suivre la majeure Énergie et Environnement à l’EPF à partir de la 4ème année, ce programme théorique et ambitieux m'a conquis. Mi-décembre 2024, le jury international de l’EPF a confirmé ma sélection. C’était pour moi l'opportunité idéale de me tester sur des notions complexes et de sortir de ma zone de confort.
Quelles sont les opportunités dont tu as bénéficié durant ce séjour ?
Durant mon séjour, j’ai eu la chance de côtoyer des étudiants du monde entier ainsi que des professeurs passionnés, détenteurs de doctorats dans des domaines de pointe. Ces rencontres ont débouché sur de solides amitiés, me permettant de bâtir un réseau international unique. Ensemble, nous avons partagé des moments mémorables, notamment lors de voyages organisés durant les périodes creuses ou la semaine de relâche.
Sur un plan plus personnel, ce séjour a été l'occasion d'une opportunité exceptionnelle : me rendre à Orlando, en Floride, pour rencontrer le champion du monde de kneeboard. Je pratique ce sport nautique méconnu depuis huit ans et j'ai la fierté de le représenter à l'échelle internationale. Mon titre de champion de France 2024 et ma visibilité sur les réseaux sociaux ont d'ailleurs facilité ma venue aux États-Unis et stimulé mes échanges en anglais. Cette expérience m'a permis de me dépasser, tant sur le plan sportif que linguistique.
Quel cours as-tu suivi ? As-tu pu faire des liens avec ta formation à l’EPF ?
J’ai suivi le cursus du baccalauréat en génie physique, une formation exigeante mais passionnante. Au Québec, après le secondaire (équivalent du collège et d'une partie du lycée français), les étudiants intègrent le Cégep pour une durée de deux à trois ans. Une fois ce diplôme obtenu, ils accèdent à l'université pour le premier cycle : le baccalauréat. Ce dernier dure trois ans, ou quatre ans pour les domaines du génie et de l'enseignement. Viennent ensuite la maîtrise (deux ans) et le doctorat (trois ans ou plus). Ce système, à quelques années près, reste proche du modèle français.
Dans le cadre de mon programme en génie physique, mon emploi du temps regroupait des matières de première, deuxième et troisième année :
Physique mathématique I et II
Mécanique et relativité restreinte
Mécanique quantique pour l’ingénierie
Santé et sécurité au travail
Les cours de physique mathématique m'ont permis de consolider les bases acquises durant mes deux premières années à l’EPF, constituant un socle solide pour les autres disciplines.
Les enseignements en mécanique quantique et en relativité restreinte m'ont apporté de nombreuses notions théoriques et pratiques. Ces matières m'ont conforté dans mon choix de suivre la Majeure Énergies et Environnement, particulièrement pour le secteur nucléaire (fusion et fission). Ce domaine, qui s'appuie sur la physique atomique et quantique, est aussi vaste et complexe qu’il est captivant.
Enfin, le cours de santé et sécurité au travail m’a transmis des compétences essentielles à mon futur métier d'ingénieur. La conception de machines de production doit impérativement intégrer l'ergonomie et la sécurité pour protéger les agents de maintenance. Mon rôle sera ainsi d'allier conception intelligente et protection des utilisateurs.
Qu’as-tu apprécié particulièrement lors de cette expérience, à la fois professionnellement et personnellement ?
Sur le plan professionnel, j’ai été agréablement surpris par la facilité avec laquelle les étudiants internationaux s'insèrent dans des cours pourtant très théoriques et exigeants. On s'y sent immédiatement à sa place, parfaitement intégré et proche du corps professoral. Les enseignants sont d'une grande bienveillance et font preuve d'une pédagogie remarquable ; les cours, interactifs et structurés, permettent de progresser sans jamais se sentir dépassé. J'ai également constaté une forte cohésion au sein des groupes d'élèves : une dynamique d'entraide et une relation de confiance réciproque avec les professeurs tirent tout le monde vers le haut. J’ai grandement apprécié la discipline, le sérieux et l’engagement de chacun, ainsi que cette volonté de réussir sans jamais baisser les bras. Lorsqu’un étudiant rencontre des difficultés, les professeurs savent l'accompagner pour le faire réagir et progresser efficacement.
Personnellement, cette expérience a été un véritable moteur d'ouverture aux autres. En sortant de ma zone de confort, j’ai appris sur moi-même bien plus que je n’aurais imaginé. J'ai notamment vécu ma première expérience en colocation avec deux étudiantes de Sciences Po Bordeaux que je ne connaissais pas, et avec qui j'ai tissé des liens d'amitié durables. J’ai été conquis par la gentillesse, la sincérité et l’authenticité des Québécois ; une population fière de son histoire, mais profondément accueillante. Le Canada est un pays magnifique, aux paysages et aux saisons contrastés. Pour un Européen habitué au climat tempéré, l’hiver peut paraître long et rigoureux, mais le pays est si bien adapté que les -30 °C et le mètre de neige ne sont plus perçus comme une contrainte, mais comme une composante pleine de charme du quotidien. Cette expérience m’a énormément plu : j’y retournerai sans hésiter, et pourquoi pas à l'avenir s’y installer ?
As-tu des conseils pour un étudiant pour profiter au mieux d’un échange ?
Si j’avais un conseil à vous donner, futurs étudiants, ce serait de saisir cette chance et de partir découvrir le monde tant que vous le pouvez. Peu importe la destination ou la langue, vous rencontrerez des personnes formidables qui transformeront votre vision des choses. Il est essentiel d’aller vers les autres, de communiquer et de partager votre quotidien. Ne vous imposez aucune barrière si vous en avez les moyens : quatre mois peuvent sembler longs au départ, mais une fois sur place, le temps s'accélère et vous serez de retour en France avant même de l'avoir réalisé.
Imprégnez-vous des coutumes et traditions locales : c’est une expérience humainement enrichissante.
Profitez en pour explorer le pays et ses voisins, forgez-vous des souvenirs impérissables et développez des opportunités professionnelles ou personnelles. Ce réseau que vous bâtissez aujourd'hui vous sera utile tout au long de votre carrière et vous donnera autant de raisons de voyager plus tard pour revoir vos amis. Enfin, avant le départ, documentez-vous sérieusement sur la politique du pays et les aspects logistiques de l'université (dates de rentrée, matériel, cours, vie pratique, transports, budget et logement). En espérant que ce témoignage vous donnera l'élan nécessaire pour tenter l'aventure ! Vous ne le regretterez jamais.