Enseignants et élèves de l’EPF partagent leurs expériences de la continuité pédagogique | EPF Ecole d'ingénieurs

Enseignants et élèves de l’EPF partagent leurs expériences de la continuité pédagogique

Publié le 27/03/2020

La situation actuelle pousse tout le système éducatif à s’adapter. En effet, avec la fermeture de tous les établissements scolaires, le Ministère de l’Education Nationale et le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation demandent le maintien des cours. Pour cela, les écoles et universités doivent trouver des solutions et des outils qui répondent aux attentes.

A l’EPF école d’ingénieur-e-s la continuité pédagogique est au cœur des réflexions. Les enseignants et les élèves s’adaptent à cette nouvelle pédagogie ; ils s’expriment sur ce sujet :

Maxime Bourgain, Responsable de la Majeure Ingénierie & Santé, garde le lien avec ses étudiants utilisant, comme l’ensemble des enseignants, les outils tels que BigBlueButton, mais il est en « liaison permanente avec les délégués, et en gardant les horaires habituels, on maintient du lien et une certaine discipline » dans le but d’une meilleure circulation de l’information. 

Winston Fairbain, Responsable de la formation Sigma, pense quant à lui que « les étudiants apprécient le caractère vidéo, ils se croient sur Youtube mais en live. Pour les motiver, j’essaie de répondre à toutes leurs questions posées sur le chat de l’outil de classe virtuelle. Je leur donne également régulièrement de devoirs à rendre sur Moodle pour les maintenir dans une bonne dynamique. »

Cédric Zaccardi, Responsable pédagogique de la Majeure Structures & Matériaux, « Dans l’absolu, les outils mis à notre disposition me permettent de faire cours presque classiquement.  Je m’appuyais sur des présentations numériques et n’utilisais que très peu le tableau. Je commence à voir les possibilités offertes par les outils et je me dis qu’ils peuvent aussi me servir pour rendre le cours plus attractif. Le contact visuel avec les étudiants manque un peu cependant. »

Il ajoute : « Je pense que les étudiants apprécient les efforts pour assurer une continuité de l’enseignement. Les premiers retours sont encourageant. Ils sont placés directement face à leur responsabilités d’apprenant et ils doivent donc faire preuve d’autonomie et de proactivité pour régler certains problèmes, ce qui est très bien pour leur formation ».

Ophélie Kwasnieski, Responsable pédagogique des premières années à Sceaux : « Pour les cours du cycle licence, nous respectons l’emploi du temps des élèves et nous utilisons plusieurs outils de classes virtuelles (BigBlueButton sur Moodle, Zoom, Discord et Teams). Nous avons également mis en place des Chats et des forums pour gérer les questions/réponses. Cela change notre manière de faire cours car une classe virtuelle ne remplace pas une séance en direct. Ill faut alterner les moments en direct et les moments en autonomie. Nous déposons également tous les documents sur Moodle pour que les étudiants aient accès à tout en amont des séances. Les étudiants sont motivés et souhaitent continuer au mieux, mais il est vrai que sans la présence physique, ils sentent qu’ils ont besoin d’être plus guidés. Le lien direct avec les enseignants est vraiment important. »

Thomas Provost, enseignant-chercheur en Biomécanique sur le campus de Sceaux : « Pour tout ce qui est exercice et TP, il faut repenser le mode de présentation car les objectifs ne sont pas les mêmes. Dans ce cas, soit je demande un travail en amont du cours de la part des étudiants, soit je prépare les exercices sous forme de vidéos. Concernant la motivation des étudiants je pense que les nouveaux outils ont un fort potentiel, mais seulement si on arrive à un niveau de qualité élevé des supports. Une visio avec un son qui coupe toute les 30 secondes ce n’est pas terrible. Si cela ne fonctionne pas, il ne nous reste que notre créativité et notre disponibilité ».

Claire Lejeune, étudiante en 4e année Majeure Ingénierie et Architecture durable : « Je pense que pour la majorité tout se passe bien au niveau de la connexion et nous avons en parallèle une conversation de promo pour signaler tout problème.
Pour les premiers retours, les cours de revit sous forme de petites vidéos sont utiles et biens car nous pouvons les revoir et profiter au maximum de cette source d’informations.

En thermique, nous avons fait un vrai cours qui s’est bien passé et la semaine prochaine nous travaillons en TD donc le format sera différent et les retours aussi !
En anglais, Mme Couteau a créé une conversation whatsapp pour nous partager les informations. »

Loïc Marquet, élève de 3e année sur le campus de Sceaux : « La matière qui me convient le mieux est le cours que l'on fait en chimie.  On fait des exercices sur nos créneaux d'emploi du temps et la prof corrige ensuite. On a donc du temps prévu pour faire les exercices en même temps que la prof est présente pour répondre à nos questions. Je trouve ça bien plus intéressant que d'autres cours où l'on doit préparer des exercices et uniquement suivre l’enseignante qui lit sa correction. C'est très dur de rester concentré et très peu instructif. Je comprends qu'il est très compliqué d'adapter les TP dans le contexte actuel. Mais si on pouvait au moins avoir une vidéo nous montrant la manipulation ça donnerait déjà plus de sens à ce qu'on fait. Et il faut surtout changer la forme des sujets qui ne sont pas adaptés. Les cours de langue se passent très bien et l'outil utilisé ZOOM est excellent. »

Louis Toche, élève de 2e année sur le campus de Sceaux : « Les cours (feuilles de TD et TP, exercices, polycopiés de cours) sont tous sur Moodle et les professeurs mettent aussi les corrections. C'est une bonne chose étant donné que nous n'avons pas encore l'habitude du fonctionnement des cours à distance. De plus, comme le support visuel n'est pas pratique pour transmettre des informations, cela nous permet d'avoir une source fiable d'information. Quant à l'assiduité en cours visuels, au-delà des problèmes de connexion, de prise en main du logiciel et du fait que certains élèves n'ont pas de micro, je pense qu'il sera difficile de tenir une journée entière en audio-visuel. Sur un cours d'une heure et demi ou de deux, on peut rester assidu, étant donné que nous sommes "seuls".
L'EPF a déjà mis de nombreuses solutions en place (foire aux questions sur Moodle, chat pour discuter avec les profs, les cours visuels en place rapidement malgré le manque d'expérience avec ce type de cours, l'ensemble des cours disponibles sur Moodle). Je remercie d'ailleurs les professeurs, l'administration et le service informatique de tenter à tout prix de nous donner un accès le plus complet possible à notre formation. En revanche, le problème se pose sur les évaluations. L'EPF travaille sur le sujet, mais nous aussi élèves nous penchons sur la question, pour obtenir le mode d'évaluation qui sera le plus juste et qui ne privilégia pas seulement les professeurs ou seulement les élèves.
»