Quand stage élève-ingénieur rime avec aventure humaine… | EPF Ecole d'ingénieurs

Quand stage élève-ingénieur rime avec aventure humaine…

Publié le 07/05/2020

L'Ouzbékistan est équipé d'un des deux plus grands fours solaires au monde, situé dans les montagnes de Parkent, dans la région de Tachkent. Nicolas Beraud étudiant en Majeure Aéronautique & Espace sur le campus de Sceaux a choisi d’y effectuer son stage élève-ingénieur. Récit d’une expérience pas comme les autres.

Un four solaire fonctionne comme une grosse loupe. Par un jeu de miroir, les rayons du soleil sont concentrés en un point et permettent d'atteindre une température de plusieurs milliers de degrés. De telles températures atteintes grâce à une énergie propre permet aux scientifiques d'étudier la combustion ou la fonte de nombreux matériaux comme le titane ou l’aluminium.
 

Une aventure en territoire ouzbèk

Nicolas a eu la chance d’être hébergé pendant 4 mois par la famille de son tuteur. Cela lui a permis de prendre ses repères, de connaître les lieux utiles, de savoir comment se déplacer et à quel prix et d’apprendre le vocabulaire de base… Il raconte son expérience de la culture Ouzbèk.

« Une fois sur place j’ai été très chaleureusement accueilli par la famille de mon tuteur qui vit à Changi, le village où se situe le four solaire près de Parkent (la ville principale). En effet, l’hospitalité est quelque chose de très importante en Asie centrale et fait partie de la culture locale. J’ai donc été instantanément propulsé dans la culture ouzbèke et musulmane, ce qui m’a permis de vivre une véritable expérience en immersion. Par exemple, juste après mon arrivée à l’aéroport de Tachkent, j’ai accompagné mon tuteur à une célébration de naissance (comme le veut la coutume après une naissance dans le village) et j’ai tout de suite été dans l’ambiance : à 8h du matin (soit 5h en France), assis par terre sur des kurpas (tapis épais) autour d’une table garnie de fruits et friandises et à manger le fameux plov (plat national ouzbek).
D’autre part, bien que les conditions et le mode de vie dans les zones rurales soient très différents des nôtres, je me suis adapté assez rapidement. Tous les repas se prennent assis par terre sur des kurpas et tous les convives mangent tous dans le même plat. Le couchage se fait aussi à même le sol sur ces grands tapis.

J’ai été tout de suite très bien intégré dans le village, les jeunes étaient très contents de voir un Français et de pouvoir discuter un peu avec moi pour ceux qui parlaient quelques mots d’anglais ou par l’intermédiaire du fils de mon tuteur. La plupart des familles ont de grands jardins potagers pour leur consommation personnelle mais aussi pour vendre leurs produits car, bien souvent, le salaire ne suffit pas. Ainsi, j’ai pu participer de temps en temps aux travaux dans les jardins (ramassage du foin, taillage des vignes, récolte des noix) ».

Lorsqu’il en avait la possibilité, Nicolas allait à la découverte du pays en voyageant à travers les différentes régions, principalement en train ou en taxi partagé : « J’ai donc pu visiter Samarcande, dont l’architecture persane du centre-ville date des XIV, XV et XVIe siècles, ainsi que Boukhara et Khiva également célèbres pour leur architecture. Je me suis aussi rendu à Moynaq, ancien port de la mer d’Aral quasiment asséchée à cause de l’irrigation du coton qui réduisait considérablement le débit des fleuves l’alimentant. J’ai également visité Termez, la ville la plus méridionale du pays et séparée de l’Afghanistan par le fleuve de l’Amou-Daria, célèbre pour les vestiges de l’architecture bouddhiste. »

Durant son séjour, Nicolas a pu côtoyer la communauté française de Tachkent et en particulier le personnel de l’Alliance Française et de l’ambassade de France ainsi que des enseignants à l’École Française de Tachkent. Cela lui a permis de découvrir le mode de vie des Français de l’étranger et d’échanger avec des diplomates de l’ambassade notamment à propos d’un projet de collaboration entre le grand four solaire de Parkent et celui d’Odeillo dans les Pyrénées-Orientales : « J’ai eu la chance de faire visiter le four solaire de Parkent à l’ambassadeur ! » précise-t-il.
 

Une envie de stage bien définie

Nicolas sait ce qu’il veut et pour son stage élève-ingénieur, il souhaitait travailler dans l’un des deux plus grands fours solaires du monde et à l’étranger. De manière autonome, il a candidaté pour le four de Parkent par l’intermédiaire du Club d’Affaire France-Ouzbékistan qui lui a communiqué le contact du directeur de l’Institut des Sciences des Matériaux d’Ouzbékistan. Ce dernier a tout de suite accepté de recevoir un étudiant français :  c’était la première fois qu’il recevait une candidature pour un stage, et qui plus est, d’un étudiant étranger ! « Ce stage sortait donc de l’ordinaire pour moi mais aussi pour eux », ajoute Nicolas, conscient de sa l’expérience unique qu’il a vécue.

Des missions de stages passionnantes

Effectuer son stage dans l’un des deux grands fours solaires du monde a été une expérience très enrichissante pour Nicolas. Il a pu travailler avec des scientifiques de l’Académies des Sciences de la République d’Ouzbékistan, participer à une conférence scientifique internationale organisée à l’Université Polytechnique de Turin de Tachkent en présentant une analyse comparative des deux grands fours solaires et collaborer à un projet visant à passer d’un ancien système analogique à nouveau système numérique pour piloter les héliostats.

Pour ses camarades de l'EPF école d'ingénieur-e-s qui auront à effectuer un stage, Nicolas conseille "d'avoir le goût de l'aventure, l'envie de découvrir, de se confronter à ce qu'on ne connait pas, de sortir de sa zone de confort et d'habitude europénne, s'attendre à un dépaysement total et être actif dans son voyage". Autant de recommandations pour réussir son stage et plus généralement son expérience à l'étranger hors des sentiers battus.