Covid-19 : Maya Geoffroy diplômée de l’EPF s’engage auprès de l’AP-HP | EPF Ecole d'ingénieurs

Covid-19 : Maya Geoffroy diplômée de l’EPF s’engage auprès de l’AP-HP

Publié le 22/04/2020

La crise sanitaire touche de plein fouet les hôpitaux et le manque d’équipement les pousse à trouver des solutions. L’AP-HP fait appel à des entreprises telle que BONE 3D afin de gérer les impressions en masse de certains matériels mais également de concevoir des pièces inexistantes auparavant. Maya Geoffrey, diplômée de l’EPF et titulaire d’un master recherche des Arts et Métiers participe à ce projet.
 

Quel a été votre parcours avant d’intégrer BONE 3D ?

J'ai fait deux fois la première année de médecine et je me suis ensuite orientée vers une formation d'ingénieur. J’ai effectué mon cycle généraliste à l’EPF Troyes puis j'ai choisi en 4e année la Majeure Ingénierie & Santé qui venait d'être créée. A l’EPF Troyes, j’ai pu profiter et faire partie du TechLab mis à disposition des élèves et dirigé par Julien Gardan, ce qui m'a donné envie d’allier l'impression 3D et le médical. C'est un domaine relativement récent et la recherche y est importante. En 5e année, j'ai donc fait un master recherche en biomécanique, nommé BME (BioMedical Engineering), aux Arts et Métiers. Je travaille depuis comme Ingénieure R&D chez BONE 3D, en attendant le début de ma thèse CIFRE encadrée par le laboratoire IBHGC associé aux Arts et Métiers, l'hôpital Necker et BONE 3D.
 

Quel est votre projet ? Quels sont les besoins de l’AP-HP pour lutter contre le covid-19 ?

Le projet général de l'AP-HP consiste en l'utilisation de l'impression 3D, en particulier la technologie de dépôt de fil chaud, pour répondre à la crise du Covid. L'AP-HP a donc acheté 61 imprimantes 3D de dépôt de fil chaud pour gérer les demandes de pièces et BONE 3D s'occupe de la partie opérationnelle de la plateforme d'impression située à l'hôpital Cochin.

De manière plus précise, il faut recréer des pièces existantes sur le marché mais actuellement en quantités insuffisantes, adapter des pièces qui jusque-là étaient utilisées différemment et plus récemment, dessiner des pièces qui n'existaient pas. Par exemple, des sondes d'intubation sont maintenant utilisées pour des trachéotomies à cause de la crise sanitaire et donc un adaptateur est nécessaire.
D’autre part, les soignants et patients essaient de ne plus utiliser les poignées de porte, on a donc créé avec des partenaires, une pièce pour ouvrir les portes avec l'avant-bras ou le coude.

Comment intervenez-vous sur le projet ?

Ma mission sur le projet est diverse et en collaboration avec les autres personnes de l'équipe R&D et Production de BONE 3D, des médecins, des internes et des bénévoles. Je peux aider au design des prototypes en CAO (Conception assistée par ordinateur) ou aider une équipe pour adapter un design à l'impression par dépôt de fil chaud. On a par exemple des pièces qui étaient prévues pour l'injection plastique qui doivent donc être adaptées. On s'occupe également de la partie opérationnelle des 61 imprimantes : le lancement des impressions, le post-traitement des pièces et de leur traçabilité une fois produites. Tout le workflow a dû être créé pour maintenir de bons standards d'impression, de traçabilité et gérer le côté réglementaire et qualité.

Pouvez-vous présenter BONE 3D ?

BONE 3D est une start-up medtech d'impression 3D, créée en 2018. Elle développe des dispositifs médicaux « patient-specific » et des simulateurs de chirurgie qui permettent aux futurs chirurgiens de s’entraîner avant de pratiquer des opérations complexes sur les patients. Elle produit également des modèles anatomiques pour la démonstration et la pédagogie médicale humaine et vétérinaire.
BONE 3D peut aider l'AP-HP dans la gestion de la crise du covid-19 car l'impression 3D de dispositifs médicaux est son cœur de métier.

Comment est-il possible de modifier les masques Décathlon afin d’aider les services hospitaliers ?

Les masques Décathlon vont être utilisés de deux façons différentes :

  • En masques de protection pour le personnel soignant en rajoutant un embout lié à un filtre.
  • En masques de ventilation pour les patients et pourront grâce à un adaptateur être branchés sur l'oxygène. Pour cela, un adaptateur est dessiné pour accueillir, d'une part la partie supérieure du masque Décathlon et d'autres part, un respirateur. Pour des raisons de prudence pour les patients, ces embouts sont uniquement des prototypes. Ils sont seulement produits pour des tests pour l'instant et ne représentent qu’une petite partie de notre activité.

 

Pour subvenir aux besoins et demandes des centres hospitaliers, des particuliers impriment de leur côté des supports de visière : toute aide est la bienvenue et un grand bravo aux professionnels et particuliers utilisant l’impression 3D !